En tête : Rencontrez Ronaldo Antonio, potentat des Shriners Asiya

Le potentat des Shriners d'Asiya, Ronaldo Antonio, assiste à un défilé.
Chaque année en décembre, les membres de l'équipe de la section se retrouvent pour la soirée Tomahawk au restaurant Asiya Shriners à San Mateo, en Californie. Ils ont hâte de déguster de succulents steaks – et vous y trouverez certainement Ronaldo « Ronnie » Antonio. Il est très occupé, au sens propre comme au figuré, mais il ne changerait ça pour rien au monde.Le Potentat des Shriners d'Asiya, qui a entamé son premier mandat en décembre, siège également au Comité impérial des adhésions, où il occupe le poste de directeur régional des adhésions pour la région 2. Il est devenu franc-maçon en 2014 et a rejoint Shriners International en 2018. Antonio, 50 ans, est marié et père de deux enfants. Il travaille dans l'immobilier et la finance au sein d'un centre médical.Nous avons récemment rencontré ce résident de Pacifica pour discuter de ses objectifs pour son mandat de Potentat, de ce qui distingue les Shriners d'Asiya et de ce que Shriners International peut offrir à l'homme moderne.

Les nobles apprécient les steaks lors de la soirée Tomahawk de l'équipe de la section Asiya.
Qu'est-ce qui vous a inspiré à vous engager auprès de Shriners International ?
Ce qui m'a attiré chez Shriners, c'est quelque chose de très significatif. Il y avait une Marche pour l'Amour™ organisée par Shriners Children's Northern California, et j'ai décidé d'y participer en faisant un don. C'était une boucle d'un mille et, même si j'appuyais l'hôpital, ce qui m'a vraiment marqué, c'est de voir les patients, surtout les enfants. Certains d'entre eux étaient amputés d'une jambe, utilisaient des scooters ou avaient visiblement de la difficulté à se déplacer, mais ils avaient de grands sourires. Ils étaient contents d'être dehors, de bouger et d'être entourés de personnes avec la même énergie. Ça m'a vraiment touché. Il faisait chaud et je me plaignais, mais ce moment m'a fait relativiser les choses.Après cette journée, j'ai compris que c'était là que je voulais passer mon temps : au sein du Shrine. Quand j'ai commencé à donner un coup de main, je n'aspirais pas à devenir Grand Maître ni Potentat. J'étais juste là pour aider. Mais on me l'a proposé et j'ai accepté. C'est difficile de dire non. Et me voilà aujourd'hui, essayant simplement de faire la différence.Qu'est-ce qui rend votre chapitre unique ?Je suis Philippin et, dans ma loge maçonnique, la population est majoritairement philippine. On parle de la franc-maçonnerie comme d'une communauté unie, et ce que j'apprécie au Shrine, c'est sa diversité. Nous partageons tous un objectif commun et croyons aux mêmes valeurs philanthropiques. Quand je vais aux réunions, je vois des gens de différents horizons se côtoyer, apprendre les uns des autres, plaisanter et résoudre des problèmes ensemble. Ce n'est pas toujours parfait, mais au bout du compte, tout le monde se retrouve. C'est ça, pour moi, la franc-maçonnerie.Si j'étais resté où j'étais, j'aurais pas autant appris ni acquis une telle compréhension des autres cultures. Grâce au Shrine et aux voyages organisés par l'organisation, j'ai pu visiter des endroits où je n'aurais jamais été autrement, comme Sheridan, au Wyoming, ou Roanoke, en Virginie. J'ai découvert une forme d'Amérique que je n'aurais jamais connue chez moi. J'adore ça. Il y a toujours des nouveautés chaque année et, même après mon année en tant que Potentat, je compte rester actif, que ce soit en aidant le Temple Impérial ou mon temple d'origine.Comment décririez-vous les nobles de votre chapitre ?Ils sont très impliqués. Notre temple est actif. On fait toujours des défilés. Par exemple, lors du récent défilé de la Saint-Patrick, 50 nobles étaient présents. Certains disent qu'on a beaucoup d'activités, mais tout est pleinement soutenu. Les nobles sont serviables, ils aiment se réunir et, lorsque nous croyons en quelque chose, nous nous y engageons pleinement.

Antonio (à gauche) et deux de ses frères Asiya plaisantent lors d'un événement au temple.
Quelles sont vos traditions préférées chez les Shriners d'Asiya ?
Une de nos traditions, que beaucoup de temples ne pratiquent pas, est l'installation collective des unités et clubs. Nous invitons toutes les unités et tous les clubs de notre territoire au même endroit, le même jour, pour procéder à leur installation. Au lieu de se déplacer dans différentes régions et d'essayer de coordonner les horaires, cela offre à chacun une plus grande flexibilité. Grâce à cela, j'ai pu visiter de nombreux temples californiens pendant cette période pour les soutenir, leur parler des activités en cours et répondre aux questions des membres. Étant aussi directeur régional, j'ai deux fonctions, mais ça marche bien.
Quels sont vos objectifs en tant que Potentat ?
Ma priorité absolue est d'apporter de la joie à la fraternité. Pas que nous n'en ayons pas déjà, mais je veux proposer de nouvelles expériences, de nouveaux endroits et de nouvelles opportunités. Le développement du leadership et l'accompagnement des futurs leaders dans leur progression sont secondaires, mais tout aussi importants.Je me suis aussi beaucoup investi dans la promotion publique de l'hôpital et de la fraternité. Ça a porté ses fruits. Nous avons été invités par des conseils municipaux, dont celui de South San Francisco, à discuter de l'organisation de festivals conjoints pour mettre en valeur l'hôpital tout en faisant la promotion de la fraternité. Nous avons établi des partenariats avec des associations locales, tenu des kiosques lors d'événements et sensibilisé le public. Cette visibilité a permis d'obtenir des recommandations de patients. Dans un cas précis, une jeune fille pourra peut-être encore marcher sur ses jambes au lieu de les perdre, grâce à un contact établi lors d'une collecte de sacs à dos dans une école défavorisée. Lors de rassemblements de voitures ou d'événements communautaires, les gens nous approchent et nous demandent ce qu'on fait, ce qui les amène souvent à l'hôpital. C'est pourquoi je pense qu'il est important d'être visibles. Les gens ne viennent pas nous voir seulement à cause de l'hôpital ; ils viennent parce qu'ils nous voient nous amuser, et c'est ce qui lance la conversation.
Comment est-ce de jongler entre les rôles de Potentat et de directeur régional des adhésions ?
Ça a pris du temps, mais dans le bon sens du terme. J'ai été très occupé et j'ai beaucoup appris, mais je vois que ça a un impact sur le nombre de membres. Et je commence aussi à susciter l'enthousiasme au sein du temple quant à notre représentation avec Imperial. Je me suis fixé comme objectif de recruter 70 nouveaux membres.
Quel genre de leader aspirez-vous à être ?
J'essaie d'être un leader équilibré. Lorsque des décisions doivent être prises, j'écoute les deux parties et je reste impartial, mais je ne me décharge pas de mes responsabilités sur quelqu'un d'autre. La responsabilité finale m'incombe. Je crois aux décisions claires, par oui ou par non. Les réponses ambiguës laissent place à l'interprétation et retardent les progrès. Être Potentat n'est pas facile. On doit gérer des plaintes et des désaccords, et, parfois, on a l'impression de gérer un conflit d'adolescents. Mais traîner les choses ne fait que remettre les problèmes à la prochaine personne, et ce n'est pas du leadership. Le leadership, c'est gérer les problèmes, montrer aux autres qu'on est là pour travailler et pas seulement pour obtenir un titre, et maintenir la force de la fraternité tout en soutenant nos actions philanthropiques.

Antonio (à l'avant gauche) conduit un groupe de Shriners d'Asiya et de sympathisants vers un défilé.
Qu'est-ce que ça représente pour vous de diriger les Shriners d'Asiya ?
Je ne m'étais jamais imaginé occuper un poste de direction, surtout dans une organisation de bénévoles. C'est difficile de maintenir l'engagement des gens quand personne n'est rémunéré, mais j'ai trouvé que la reconnaissance est essentielle. J'aimerais remercier les gens, les féliciter, leur serrer la main et entamer de brèves conversations. Un simple merci passe souvent inaperçu, mais il compte. On peut parfois avoir l'impression de ne pas être à la hauteur, mais je suis reconnaissant d'être capable d'avoir un impact. J'aime relever les défis, et quand on me dit que quelque chose est difficile, j'aime parfois prouver le contraire.
Qu'est-ce qui distingue Shriners International des autres organisations ?
D'après mon expérience, la franc-maçonnerie de la Loge Bleue peut être plus cérémonielle et structurée, tandis que le Shrine est plus décontracté, presque comme un terrain de jeu pour les francs-maçons. Vous maîtrisez toujours votre travail, mais il est devenu plus agréable et utile. Notre vocation, c'est la philanthropie. Nous sommes aussi plus visibles, ce qui attire les curieux de la franc-maçonnerie. Plusieurs souhaitent devenir Shriners, ce qui implique de devenir francs-maçons au préalable. Du moins, d'où je viens, nous sommes plus ouverts sur le monde, et cette visibilité fait toute la différence.
Quel rôle pensez-vous que les Shriners peuvent jouer dans la vie de l'homme moderne ?
Je pense que la communication interpersonnelle a considérablement décliné avec l'essor des médias sociaux. Les gens se sentent seuls malgré leur connexion permanente en ligne.
Au Shrine, les gens voient des groupes d'hommes réunis, riant et profitant de leur compagnie. Il nous est arrivé que des hommes, seuls dans les bars, viennent nous rejoindre et finissent par passer le reste de la soirée avec nous grâce à ce lien. Ils voient la fraternité. De nombreux anciens combattants regrettent la camaraderie qu'ils connaissaient dans l'armée, et ils peuvent la retrouver au sein d'une association fraternelle. Ça commence souvent par une simple question – C'est quoi ce chapeau ? – et ça ouvre la porte à tout le reste.
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